Communication aux Journées d'Espace analytique de Belgique
« Passion de la mère »
15 octobre 2022

J'ai connu plus d'une mère qui aimait passionnément leur(s) enfant(s) et d'autres pour lesquelles la maternité fut une tout autre passion. La maternité leur fut un véritable chemin de croix. J'ai néanmoins opté de réfléchir avec vous aujourd'hui sur la passion de certains enfants, voire de tous les enfants, pour leur mère — en tant que Souverain Bien au sens lacanien et freudien — et sur les liens entre cette passion et la passion pour la mer.[1]
Quelques passionnés de la mer
Les artistes nous devançant dans la compréhension de notre psychisme, je vous propose, à titre de préliminaires, de faire un détour et de partir de quelques désirêtres qui ont témoigné de leur passion pour la mer.

Je commencerai par Camille Robiou du Pont, jeune photographe et cinéaste, qui a réalisé une impressionnante série de photos et de vidéos de jeunes femmes évoluant plus ou moins dévêtues près de la mer ou sous la mer. Lorsque je lui ai demandé de me décrire les sentiments éprouvés par ces jeunes femmes, et les siens aussi, elle me répondit :
« Après la prise de photos, ces femmes expriment souvent un sentiment de renaissance et de reconnexion avec leur corps et leur environnement. C'est un moment où elles se laissent aller, se sentent libres et osent lâcher prise. »
« Avec l'eau, me dit-elle encore, il y a aussi cette notion de 'retour dans le ventre', on est dans une matière nourricière, on ne peut pas tricher et l'on est obligé de plonger au fond de soi. »
Ces femmes ne sont pas les seules à établir ce lien de la mer et plus précisément avec le ventre maternel.
Ainsi, pour les Grecs, Aphrodite, la déesse de l'amour, était née de l'écume de la mer.

Plus près de nous, dans un magnifique livre collectif de photos de mers dans tous leurs états, Gaétano Cafiero écrit : « L'océan est l'alambic au sein duquel la vie a pris naissance »[2] tandis que Gianni Guadalpi rappelle que les mythographes grecs voyaient dans les océans et les mers des entités primordiales d'où tout était venu.[3] Plus loin encore, Thierry Jigourel voit dans les marées la lente et longue respiration de cet être aux mille et un visages.[4]

Yann Queffelec souligne également l'émerveillement qui saisit l'homme face à la mer : « Il ressent la puissance amniotique du milieu, il perçoit un mystère essentiel aussi troublant qu'un rêve (…) L'odeur séminale de la brise, quand l'a-t-il respirée ? »[5]
Certains, comme Herman Melville, furent davantage sensibles aux dangers de la mer :
« Non seulement la mer est l'ennemie de cet homme qui lui est étranger mais encore elle est démoniaque envers ses propres enfants, plus fourbe que l'hôte persan qui assassine ses invités, n'épargnant pas ceux qu'elle a engendrés. Comme une tigresse sauvage étouffe en se retournant ses propres enfants, la mer jette sur les rochers les corps de ceux qui lui appartiennent. »
Rappelons-nous que Freud aussi a associé la mer au ventre maternel. Dans La science des rêves, il interprétait les rêves de mer, pour les hommes comme pour les femmes, comme un désir inconscient de grossesse. Plus tard, dans Malaise dans la civilisation, il a repris le qualificatif « océanique » inventé par Romain Rolland (1866‑1944) pour désigner le sentiment de fusion avec l'univers.
Tout récemment, Anne Donnelly, une collègue française, m'a signalé la récente parution de son livre intitulé Condamné à mer, sous-titré Rêveries marines autour des origines. Elle s'attache à deviner ce que l'empreinte maternelle a pu laisser dans l'inconscient de ceux qui vouent leur vie à la mer.
Dans ma clinique, j'ai déjà eu l'occasion d'observer, plus discrètement il est vrai, cette connexion entre la mer et la mère. Entre autres chez un analysant, père de deux enfants. Des psycho-généalogistes l'avaient invité à réaliser un exercice consistant à dessiner très rapidement son arbre généalogique. En revoyant cet arbre, il me dit : « J'ai vu un grand triangle comme un pubis ». Je lui dis : « Au fond, c'est votre Courbet ».

Ce qui n'est pas sans évoquer ce petit garçon de 4 ans qui disait à son analyste Jacqueline Schaeffer : « Tu sais ce que j'étais avant ? Un spermatozoïde ».[6]
Plusieurs artistes ont donné une consistance imaginaire à ce fantasme de retour au sein maternel. Je pense d'abord à André Masson et à ses diverses lithographies intitulées Terre érotique :

Soit dit en passant, vous savez sans doute que Lacan lui en avait demandé une autre, plus discrète, comme volet pour cacher L'Origine du monde de Courbet qu'il venait d'acquérir.
Ce qui me fait penser à cette analysante, homosexuelle, très ambivalente pour le cunnilingus qui donnait énormément de plaisir à sa compagne. Ce qui la réjouissait elle aussi mais suscitait chez elle un certain malaise, parce que, disait-elle, c'est un peu comme « faire le chemin à l'envers de ma naissance ».
Salvador Dali a évoqué la mère dans trois de ses œuvres. Il intitula une première : « L'énigme du désir : ma mère, ma mère, ma mère » (1929). Dans Le portrait de ma mère, il écrit : « Parfois je crache par plaisir sur le portrait de ma mère ».


En 2003, Bernardo Bertolucci, dans son film Les innocents, évoqua lui aussi ce lien entre la sexualité, la mère et la mer par le biais de la chanson créée par Charles Trenet en 1943.[7] L'intrigue du film se situe à Paris en plein mai 68. Un frère et une sœur, les « innocents », sont des étudiants militants. Ils vivent soudés l'un à l'autre chez leurs parents dans un bel immeuble bourgeois.
Bertolucci introduit La mer qu'on voit danser en toile de fond à deux moments particuliers du récit : la première fois lorsque la sœur danse en se déshabillant pour séduire un ami qu'ils ont hébergé, la seconde fois lorsque le frère fait l'amour avec une de ses copines.
La mer qu'on voit danser le long des golfes clairs, a des reflets d'argent, des reflets changeants sous la pluie...
Et d'une chanson d'amour
La mer
A bercé mon cœur pour la vie
Le film se termine sur l'impossibilité de ces deux « innocents » de se quitter et de s'extraire du cocon familial maternel — cocon qui rend impossible leur engagement dans une relation amoureuse stable avec quelqu'un de l'extérieur. Il me semble qu'il s'agit là d'une imaginarisation de Das Ding, illustration tout autant réelle qu'imaginaire et symbolique de ce concept freudien.
Das Ding
Freud a utilisé le signifiant « Das Ding »[8] comme synonyme d'un objet perdu dans la toute petite enfance, inaccessible au niveau du Moi, objet qui explique la tendance de bon nombre d'hommes et de femmes à retourner vers le soi-disant paradis perdu de l'enfance — vers la mère, son corps et notamment le sein.
Mélanie Klein précisera d'ailleurs que les seins et le sein de la mère sont les incarnations possibles de ce Das Ding.
Dans son séminaire sur L'Éthique de la psychanalyse,[9] Lacan, contestant Aristote, souligna que s'il existait un seul Souverain Bien, un bien valable pour tous, un seul objet du désir, c'était celui-là, Das Ding.[10] Prenant distance par rapport à une lecture trop réelle de ce concept freudien,[11] Lacan affirme que la Chose est ce qui de la réalité primordiale est originellement refoulée[12] — ce qui manque nécessairement, le centre vide autour duquel tourne le désir.[13]
Ceci permet de comprendre pourquoi Lacan affirme que la Chose est la première assise de notre orientation subjective. Plus loin, il dira encore qu'elle est la représentante de l'Être, temps précurseur d'avant l'émergence du sujet.[14] « Le premier extérieur » du sujet tout en étant au cœur du Moi.[15]

Annie Tardits dira ainsi que la mère en occupe la place.[16] Lacan ajouta que si la Chose est objet essentiel du désir, elle est aussi l'objet incestueux et donc interdit — ou plutôt inaccessible. Il avait en effet déjà affirmé que l'interdit œdipien de l'inceste est fondateur, non de la société, mais du sujet.
« Le désir pour la mère ne saurait être satisfait, parce qu'il est la fin, le terme, l'abolition de tout le monde de la demande, qu'il est justement celui qui structure le plus profondément l'inconscient de l'homme. »[17]
Par la suite du séminaire, Lacan affirmera que si la Chose est inaccessible, elle est néanmoins visée et peut être partiellement retrouvée par le biais de la sublimation.[18] Il commenta alors un article de Mélanie Klein décrivant comment une artiste peintre sublimait, dans ses tableaux représentant des paysages, le deuil de sa mère, sa tendresse et son amour pour elle ainsi que leur rivalité.[19]
Enfin, en 1971, dans Litturaterre, Lacan désigna Das Ding comme une a-Chose, alpha privatif qui indique son inaccessibilité, son inexistence comme objet du monde.[20] La même année, il précisa aussi que la Chose était la source de l'objet « a » cause du désir.

Voilà une façon de comprendre que la Chose est au cœur de chaque désirêtre que nous sommes fondamentalement. Ou encore que Das Ding, comme le dit Annie Tardits, est cet objet « autour de quoi tourne toute la gravitation de nos représentations inconscientes ».[21]
Pour tenter de synthétiser ce parcours des élaborations de Lacan concernant Das Ding, je vous propose de considérer ses trois dimensions :
- Son réel qui est double : elle est un vide irreprésentable sur lequel nous buttons, et cet autre réel qu'est le corps de la mère qui l'incarne.
- Sa dimension imaginaire : toutes les figures co-créées par la mère, l'enfant et leur entourage dont le père — entre autres, La Mère, et l'Autre archaïque historique.
- Sa dimension symbolique : la Chose en tant que signifiant équivoque que nous tentons de cerner à l'aide de multiples signifiants comme le vide, l'Autre préhistorique, les traces d'une jouissance.
Ces trois dimensions se retrouvent dans les diverses versions de La terre érotique d'André Masson, dans la sculpture de Niki de Saint Phalle et dans la peinture de Salvador Dali évoquées plus haut.
Enfin, n'est-ce pas quotidiennement dans la passion amoureuse que beaucoup de désirêtres tentent de retrouver cette expérience préhistorique, guidée par les traces laissées par La Chose dans l'inconscient ? Pour le meilleur et pour le pire. C'est pourquoi la recherche d'un objet d'amour ou de jouissance parfaitement satisfaisant est condamnée à l'échec. La jouissance de la Chose est radicalement impossible.
Retour à la clinique
La clinique apporte quotidiennement des indices que la relation à la mère, en tant que Souverain Bien, est déterminante. Comme le dit Freud, le fait d'avoir été « le favori incontesté de sa mère » donne pour la vie ce sentiment conquérant, cette assurance du succès.[22]
En revanche, que cette relation soit trop présente — dans la réalité ou dans l'imaginaire de l'enfant — peut rendre difficile les relations sexuelles satisfaisantes avec son compagnon ou sa compagne. Mais l'on constate aussi qu'absente ou très conflictuelle, cette relation à l'Autre premier sera source de nombreuses difficultés : demande d'amour inextinguible, manque d'assurance, addiction, boulimie, anorexie, dépression chronique, etc.[23]
Avec Lacan et bien d'autres, on peut souligner qu'il existe des mères de la réalité qui sont dévorantes et qui réduisent l'enfant à n'être qu'un objet au service de leurs pulsion, désir, jouissance. Et aussi des mères meurtrières comme Médée — et comme ces mers qui ont englouti ces navigateurs imprudents ou malchanceux.
On conçoit parfois difficilement que le premier objet d'amour de la fille est la mère, sans doute parce que cet amour est souvent oblitéré par l'amour pour le père et l'agressivité, la jalousie et la rivalité pour la mère.
Telle analysante qui disait « bloquer » ses orgasmes en imaginant que sa mère faisait irruption dans sa chambre à coucher au moment où allait se déclencher sa jouissance. Telle autre, engagée dans une relation homosexuelle, découvrit qu'avec sa compagne, elle tentait de réaliser le désir de faire l'amour avec sa mère — et que l'anorgasmie à laquelle elle se heurtait était l'effet du tabou de l'inceste.
Telle autre encore me dit son sentiment d'être à la fois engloutie par sa mère tout en l'ayant incorporée. « Ma mère, disait-elle, est tout le temps en train de parler dans ma tête. » Belle illustration de ce concept lacanien d'« extimité », combinant extériorité et intimité.
Je pourrais encore mentionner, avec Kristeva, que cette passion de la fille pour sa mère peut aussi s'incarner dans la nécessité de prendre l'homme d'une autre femme — voire la mère de l'homme aimé.
La passion mortifère pour la Chose — Le Grand Bleu
Pour terminer, je vous propose de revenir à une passion mortifère pour la mer, voire au-delà de la mer, une passion pour la Chose, magnifiquement portée à l'écran par Luc Besson dans son film Le Grand Bleu en 1988. Ce film fut conspué par la critique mais rencontra néanmoins un immense succès dans le public — ce qui devrait nous inviter à réfléchir.[24]
Depuis l'enfance, une rivalité oppose deux passionnés de la plongée en apnée, Jacques et Enzo. Jacques a perdu sa mère alors qu'il était encore très jeune. Devenus adultes, ils continuent à s'affronter. Un jour, Jacques rencontre Johanna, c'est le coup de foudre. Elle ressemble étrangement à sa mère morte jeune.
« Nulle part on n'est mieux que là-bas, dans le grand fond et, lorsqu'on l'a rejoint, le plus dur est de trouver une raison valable de rejoindre la surface et tous ceux qui vous attendent. »
Un jour, rien ne put retenir Jacques. Le « désir de savoir ce qu'il y a au fond » (sic), celui d'y reposer définitivement, celui d'y retrouver sa « vraie famille » — ces désirs l'emportent sur tous les autres, quand bien même l'attendent Johanna, sa compagne enceinte de lui, le futur enfant.
Il décide donc de descendre une dernière fois, même si Johanna lui dit qu'au fond du gouffre, quoi qu'il en pense, il n'y a rien. Au cours du tournage, la réalité rencontra la fiction : un des acteurs est remonté deux fois à la surface « quasiment dans le coma parce qu'il était bien au fond et qu'il n'avait pas envie de remonter ».
Aurait-on voulu concevoir un scénario pour illustrer ce que Lacan appelle le « pur désir » — c'est-à-dire le désir qui nous pousse chacun à retourner au sein de la Chose — on aurait pu difficilement trouver mieux que cette passion mortelle pour le gouffre marin.
Dans ce film, l'objet qui cause essentiellement le désir de Jacques, ce n'est pas son amie mais un au-delà, ici symbolisé par un gouffre au sein de la mer. Il apparaît aussi clairement que cet objet n'est pas interdit mais impossible, puisque le rejoindre entraîne la mort.
Notons encore que dans ce récit, le non-rapport sexuel des désirêtres qui s'unissent dans un couple s'illustre dans une de ses formes les plus banales : le non-rapport des jouissances. Johanna trouve ses jouissances principales dans l'amour, dans l'acte sexuel et dans la joie de devenir mère. Jacques les trouve dans la descente vers ce gouffre qui, in fine, l'engloutit.
Comme le disait Kristeva, l'érotisme de la mère et la passion pour la mère exigent le dépassionnement. Et comme l'écrivait Marie Christine Laznik entre la mère et l'enfant : « Gusto ma non tropo ». Il faut de la jouissance, mais pas trop.
Synthèse conclusive
Au-delà de la passion pour la maman, l'aimé·e, l'objet du désir, l'œuvre d'art, la mer, la grotte, la Dame de l'amour courtois, les expériences sadiennes, etc. :
- c'est l'Autre archaïque historique que nous désirons, et au-delà de celui-ci
- c'est l'objet « a » perdu que nous visons, et au-delà de l'objet « a »
- c'est la Chose qui en est la source — autrement dit l'Autre préhistorique interdit parce qu'inatteignable, le signifiant aux multiples significations, voire le vide, le gouffre sans fond.
Je laisse pour conclure la parole à Renaud qui chantait :
« C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme. »
Néanmoins, vous vous rappellerez peut-être les dernières paroles de ce poème chanté qui témoignent de sa désaliénation active et salvatrice de sa passion pour ses parents. Et cette fois c'est la mer qui, alliée au vent, le sépare de la mère et le porte vers son destin :
Dès que le vent soufflera nous repartira
Ne pleure plus ma mère — Ton fils est matelot
Ne pleure plus mon père — Je vis au fil de l'eau,
Regardez votre enfant
Il est parti marin
Je sais, c'est pas marrant, Mais c'était mon destin.
Voilà ce que je voulais soumettre en ce début de journée à vos commentaires, questions et objections, et je vous remercie pour votre attention soutenue.

Notes
- Jacques Lacan, Le séminaire, livre VII, L'Éthique de la psychanalyse, Seuil, 1986, p. 85.
- Collectif, La mer, Grund, 2003, p. 18.
- Ibidem, p. 154.
- Ibidem, p. 585.
- Yann Queffélec, Tendre est la mer, in Plisson Ph. La mer, La Martinière, 2002.
- Schaeffer J., Débat, Librairie Tschan, le 7 février 2016. Accessible sur Aspasia.fr.
- Charles Trenet, La Mer (1943). Reprise par de nombreux interprètes (Sinatra, Benson, Aznavour...).
- En allemand, notons-le, Das Ding n'est ni masculin, ni féminin mais neutre.
- Lacan J., Le séminaire, livre VII, L'éthique de la psychanalyse (1959-1960), Seuil, 1986.
- Op. cit, p. 55.
- Op. cit., p. 65.
- Op. cit., p. 66.
- Op. cit., p. 67.
- Op. cit., p. 68.
- Lacan J., Le séminaire, livre VII, L'éthique de la psychanalyse, Seuil, p. 67.
- Tardits A., L'Éthique et le désir de l'analyste, Essaim, 2003/1 — Cairn.info.
- Lacan J., op. cit., p. 83.
- Lacan J., ibidem, p. 107 et suivantes.
- Lacan J., ibidem, p. 140 et suivantes.
- Jean-Michel Vives : la Chose n'est pas un objet du monde, elle est ce qui manque à tout objet pour venir combler le désir.
- Tardits A., ibidem.
- Freud S., « Un souvenir d'enfance de "Poésie et Vérité" », dans L'inquiétante étrangeté, Paris, Gallimard, 1985, p. 206-207.
- Cf. « phallus imaginaire de la mère » comme le veut une tradition à mon avis trop influencée par l'idée freudienne de l'enfant demandé au père comme substitut du phallus.
- De Neuter P., Le grand vœu ou le grand bleu comme tragédie œdipienne d'aujourd'hui, Le Bulletin freudien, novembre 1989.