Avons-nous toujours besoin de père et de mère ? À la question qui nous réunit dans cet ouvrage, ma réponse est double et paradoxale. D’une part : oui, absolument ; et d’autre part, non, pas toujours. En effet, nous n’en avons pas toujours besoin. Tout dépend de ce que l’on entend par père et par mère. Ces deux mots, comme la plupart des mots, peuvent avoir des sens très différents. Tout dépend aussi de ce que l’on entend par « avoir besoin de », nous y reviendrons en fin de parcours.
Il m’a été proposé de parler du père. Je laisserai donc à d’autres le soin de parler de la mère et des fonctions maternelles. Non que je les tienne pour négligeables. Elles sont tout autant indispensables au bon développement de l’enfant. Celles-ci sont notamment essentielles : prendre soin, apaiser, protéger contre les dangers extérieurs et intérieurs, apporter les premières expériences de plaisirs et quelques autres encore, comme introduire à la communication verbale et non verbale, notamment par le contact corporel et par le babillage, ce que d’aucuns appellent le « mamalais » et d’autres, comme Lacan, la « lalangue ».
Mais revenons donc au père. Le terme désigne différents signifiés, différentes réalités. Pensons simplement à la multiplicité des pères évoqués par les dénominations suivantes : le pater familias ou père de famille, le patriarche ou père détenteur de tous les pouvoirs, le père géniteur, le père adoptif, le père éducateur, le père nourricier, le grand-père et l’arrière-grand-père, le beau-père, le père d’une institution, les pères de l’Église, les pères blancs et les Saints Pères des catholiques, les pères de la patrie, les petits et grands pères du peupl…
Commencez à écrire ici ...